Friday, July 07, 2006

Comment peut-on être arabe israélien ?

Photobucket - Video and Image Hosting La question concerne un million deux cent mille personnes en Israël. Le malaise identitaire est palpable chez les majorité de ceux que l'on nomme les "Arabes israéliens". Dans son premier roman " Les Arabes dansent aussi ", paru en France en mars 2006, Sayed Kashua, jeune auteur arabe israélien, choisit de donner la parole à ces citoyens, "pas comme les autres". Dans un style simple, très parlé et qui va droit au coeur, il livre le récit d'un jeune arabe israélien, que nous suivons de 1948 aux années 90.

Elevé à Tira, un village arabe de Galilée, l'enfant grandit écartelé entre une grande-mère respectueuse des traditions et un père membre du parti communiste. Elève brillant, il bénéficie d'une bourse exceptionnelle pour aller étudier dans un pensionnat de Jérusalem. C'est là qu'il découvre un autre monde, celui des Juifs. La modernité, la douceur des professeurs (comparée aux instituteurs arabes qui ne ménagent pas les élèves en n'hésitant pas à les battre au moindre prétexte).

Mais aussi l'humiliation, souvent cruelle, par ses petits camarades juifs, dont il se sent terriblement "différent". Il va tenter de leur ressembler pour s'en faire accepter, en imitant leur accent, leur manière de manger, leurs goûts musicaux... Jusqu'au jour, où éconduit par une jeune fille juive dont il est tombé amoureux, il sombre dans une grave dépression dont il ne guérira jamais. C'est le temps des désillusions. Adulte, il s'installe dans la banlieue de Jérusalem, dans un village coupé en deux. Il épouse une femme arabe dont il a honte, presque par fatalité.

Photobucket - Video and Image HostingLes Arabes le traitent de colon, les Juifs le soupçonnent d'être un traître potentiel. Le narrateur finit donc par maudire son père pour être resté dans le pays, sans pour autant apporter un quelconque soutien à la cause palestinienne. Juifs, Arabes, tout le monde en prend pour son grade. Car le narrateur est lucide et sincère. Où qu'il aille, il se sent désepérement déraciné. La brutalité des Arabes le rebute. Le rejet des Juifs renforce chez lui un profond sentiment d'exclusion. Il oscille sans cesse entre la quête schizophrénique d'identité et le déni de soi.


A 25 ans, Sayed Kashua fait partie de la jeune génération des romanciers israéliens qui monte. Arabe et citoyen israélien, il a fait ses études à l'université hébraïque de Jérusalem et est journaliste à Tel-Aviv. Il a choisi d'écrire en hébreu. Outre "Les Arabes dansent aussi" (Editions Belfond et 10-18), il est l'auteur de "Il y eut un matin" aux éditions de l'Olivier, paru en 2006.

7 comments:

Andrea said...
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Andrea said...

Ce récit sur l'intégration et l'identité me fait pensé au film "v, vis et deviens" bien que les enjeux soient radicalement différent.

Andrea said...

décidément "vas, vis et deviens"*

noemie said...

LOL. Oui en effet, la question des Falashas renvoie également à cette même problématique d'intégration en Israël. Ou comment se sentir israélien lorsque l'on n'est pas juif, bien qu'être israélien ne signifie pas forcément être juif. C'est tout le paradoxe. En tant que grand amatrice de cinéma israélien, j'ai moi aussi bcp aimé Va vis et deviens. Dans un autre genre, tu marcheras sur l'eau, reste mon préféré (héhé normal avec le beau Lior Ashkenaziiiii).
Tiens d'ailleurs constance tu me donnes une idee, j'avais commencé un début de post sur les falash mura en israel, ^je pourrais le réactualiser ! :o)

Andrea said...

J'attends impatiement cette réactualisation, il faut dire qu'hormis le film et un portrait de Libé, mes connaissances sont extremement limitées!

Anonymous said...

huh. funny style )

Anonymous said...

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