Wednesday, December 21, 2005

Des poubelles pleines de sacs … à puces


Bigarré, pelé, crasseux, sans queue ou sans oreilles. Le chat hiérosolymitain arriverait sûrement parmi les derniers dans un concours international de beauté. Mal aimés de beaucoup d’Israéliens, rarement domestiqués, la plupart de ces bestioles sont sauvages et se multiplient à la vitesse de la lumière. Impossible en effet de faire un pas dans les rues de Jérusalem, sans tomber sur l’un de ces monstres hirsutes, surgissant d’une poubelle ou somnolant sur un mur. La nuit, très souvent si vous tendez l’oreille, vous les entendrez s’étriper ou parfois, au contraire, pousser des miaulements de bête en rut à l’approche d’une chatte en chaleur.


Mais puisqu’il n’est fait aucune mention des chats de Jérusalem dans le Talmud, comment expliquer aujourd’hui leur présence massive sur le sol israélien?
La légende raconte que le philanthrope anglais Sir Moses Montefiore serait à l’origine de l’introduction des chats en Israël. En lâchant ces prédateurs dans la ville sainte, l’homme qui fut au milieu du dix-neuvième siècle l’un des principaux artisans de la reconstruction de Jérusalem, cherchait ainsi à résoudre le problème des rats qui y pullulaient à l’époque.
Aujourd’hui, ironie du sort, la municipalité actuelle, excédée par la proliférations des chats n’a qu’une seule obsession : trouver un moyen efficace de se débarrasser de ces sales bêtes.

Rares sont les Israéliens qui s’attendrissent devant ces boules de poil. La plupart des chats errants sont des animaux non domestiquées, agressifs et ne se laissant pas facilement approcher. La culture orientale vis à vis des animaux joue fortement dans cette désaffection. D’ailleurs, très souvent, les nouveaux immigrants occidentaux sont les seuls à posséder chez eux des chats domestiques propres et bichonnés.

C’est notamment le cas de Rachel et Christophe, jeune couple de français, qui a récemment emménagé à Jérusalem et qui a adopté et soigné deux chats trouvés un soir, en bas de leur immeuble, dans un état pitoyable. Aujourd’hui, les deux félins font partie de la famille.
«Vous vous rendez-compte, Lazare a ouvert le four tout seul pour manger le poulet du Shabbat, le vilain ! » s’attendrit Rachel, en grattant la tête de la bête ronronnante.
Nul doute que si la scène s’était déroulée chez le voisin d’en face, l’animal sans gêne aurait passé un sale quart d’heure.

1 comment:

Marie Simon said...

Chez nous, Moxie et Mimi viennent aussi des rues... Mais les chats errants sont beaucoup moins nombreux, je te rassure ! Par contre, je vois un parallèle avec les écureuils : les touristes (et moi) les prennent en photo quand les autochtones n'en peuvent plus de ces bêtes !!!!